IAFRICA (S Africa) 20 August 05 France hunts invading bullfrogs (Julie Fraysse)
(AFP): Picture this: French hunters stealing out at night in pairs, one with a torch to light up the eyes of their prey, the other armed with a .22 calibre rifle equipped with a telescopic sight and a silencer.
Their quarry? Invaders from the United States — bullfrogs, to be precise, that bellow like cows and typically weigh in at a hefty 600 grams.
This is France, to be sure, but the end game of this hunt is not sautéed frog legs.
These marksmen are ecologists, out to exterminate the bullfrogs — a.k.a. Rana Catesbeina — which are threatening the local ecosystem.
It all began with a laugh
"A man living in Vayres (30 kilometres, east of Bordeaux) stocked his pond with them in 1968 as a joke, and a few years later every stretch of water in the region was full of them," said Luc Gueugneau, who works in the government agency overseeing wild animals and hunting.
The bullfrogs live for as long as nine years, hibernating from October to March, but the rest of the time gorging on local frogs, shellfish, insects, and even fledgling birds, said ecologist Mathieu Detaint.
They have virtually no predators, and each lay up to 25 000 eggs a year, against 10 000 laid by the local frogs.
"We tried draining the ponds, but it costs a lot and is not efficient enough because there are always some bullfrogs that remain," Detaint said.
One thing that did work, though, he said, was trapping the tadpoles and very young frogs in nets.
Said Gueugneau: "For the moment, hunting the adults with rifles has proved to be the most efficient way of attacking them, because it gets rid of those able to reproduce."
The hunting is done at night, as that is when the frogs are most active and easiest to spot.
"We carried out five hunts between September last year and this July, killing about 120 of them," Detaint said.
"At the start, the idea seemed ludicrous, but we became convinced little by little because they allowed us to eradicate all the adults at two sites where the system was tested."
The ecologists say they a full-scale eradication programme should be in place by 2007, and hope to fully eliminate the bullfrogs in five or ten years.
http://iafrica.com/news/worldnews/474414.htm

LE MONDE (Paris, France) 19 August 05 La chasse à la grenouille-taureau, envahisseur vorace, est ouverte
(AFP) On tire la grenouille de nuit en Gironde et en Dordogne. C'est la mission, très sérieuse, d'agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) assistés d'écologues, pour éradiquer la grenouille taureau, envahisseur vorace qui menace l'écosystème.
"La chasse se pratique la nuit, avec une lampe-torche qui fait briller leurs yeux et permet de les repérer plus facilement. On les tire, les pieds dans la vase, avec un fusil 22 LR. équipé d'une lunette et d'un silencieux", explique Luc Gueugneau, agent technique de l'ONCFS qui a participé à quelques "chasses".
Cette chasse expérimentale, qui se fait avec "un éclaireur et un tireur" vise à éradiquer la grenouille-taureau, une espèce envahissante venue des Etats-Unis, et qui se distingue par son poids -environ 600 grammes-, sa taille, -45 cm les pattes tendues- et son chant grave, qui tient du beuglement bovin.
"C'est un particulier vivant à Vayres (Gironde) qui l'a introduite en 1968 dans sa mare pour rigoler et quelques années après, il y en avait dans tous les étangs", raconte l'agent technique de l'ONCFS.
Aujourd'hui, ce batracien qui vit jusqu'à l'âge de neuf ans et hiberne d'octobre à mars est surtout présent dans les départements de la Gironde et de la Dordogne mais également dans les Landes, le Lot-et-Garonne, le Loir-et-Cher et la Savoie. Il n'y a pas d'estimation globale.
La grenouille taureau (Rana catesbeiana) se nourrit à 50% d'autres amphibiens, et de tout ce qui passe à sa portée : crustacés, insectes ou même des oisillons, raconte Mathieu Detaint, écologue à l'association Cistude-nature basée au Haillan (Gironde).
Cistude a commencé en 2003 un programme d'éradication, sur quatre ans, de cet amphibien qui ne connaît pratiquement aucun prédateur et pond jusqu'à 25.000 oeufs par an -contre 10.000 maximum pour les espèces locales.
Le projet-pilote a visé dans un premier temps à dresser un inventaire des différentes zones de présence de la grenouille taureau, et dans un deuxième temps à rechercher les meilleurs moyens d'éradication.
"On a testé la vidange des étangs, mais c'est coûteux et pas suffisamment efficace car il y en a toujours qui restent", souligne Mathieu Detaint, responsable du "programme taureau" pour Cistude, qui est soutenue par des collectivités locales.
Le piégeage avec des grosses nasses se révèle en revanche efficace pour les grenouilles quand elles sont au stade de têtard ou juvénile, remarque l'écologue.
"Mais c'est pour le moment le tir au fusil, permettant d'éradiquer les reproducteurs, qui a prouvé la meilleure efficacité", estime Luc Gueugneau.
La chasse se fait la nuit, moment où elles sont le plus actives et le plus facile à repérer. "Nous avons déjà organisé cinq sessions entre septembre 2004 et juillet 2005, ce qui nous a permis d'en tuer environ 120" en Gironde, selon Mathieu Detaint.
"Au début l'idée nous paraissait saugrenue", ne cache pas l'écologue, "mais elle a nous a peu à peu convaincue, car elle a permis d'éradiquer tous les adultes sur les deux sites où elle a été testée".
Un programme d'éradication à grande échelle devrait être mis en place à compter de 2007 et l'association Cistude espère voir disparaître cette envahisseuse d'ici cinq à dix ans.
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-25528100@7-52,0.html